J'ai retrouvé dernièrement toutes mes photos de classe de maternelle et primaire. Je les ai bien observées, toutes. J'ai toujours la même tête dessus, la tête d'une fille bizarre et timide... Sur toutes les photos, il y a toujours la même sociologie de la classe. En les observant très longtemps, et en me concentrant très fort, tellement fort que j'en ai eu mal au crâne, j'en ai tiré une étude.
Sur la photo de classe, il y a toujours la starlette de la classe
Pour être populaire, quand on est à l'école primaire, il faut s'appeler Magali Houzet, Karine Bonpain ou Jenifer Taglioni, pas Nuchenuche.
Il faut avoir de longs cheveux et une maman qui nous fait des coiffures compliquées tous les matins, genre une queue de cheval lisse avec un chouchou rose, ou bien pire : une TRESSE AFRICAINE. Pas une tignasse pas coiffée ou des couettes asymétriques.
La star de la classe a toujours des supers stylos roses, des gommes qui sentent le chewing-gum et un cartable rose.
Elle a toujours le rôle de la star au spectacle de fin d'année... Ses notes sont souvent bonnes, parce qu'elle travaille beaucoup. Tout le monde l'aime ; les filles l'admirent et lui tournent autour à la récré, les garçons sont amoureux d'elle.
Consciente de son pouvoir, elle peut être un peu peste et écraser la masse normale du reste de la classe. Habituée à être chouchoutée, elle est parfois capricieuse.
Moi je voulais toujours le même petit Poney qu'elle, la même jupe qui tourne, mais ça rendait jamais pareil sur moi.
Sur la photo de classe, il y a toujours le caïd
C'est le pendant masculin de la starlette. Généralement, il fait une grimace sur la photo, ou arbore un tel sourire qu'on sent qu'il vient juste de faire une connerie.
Ce garçon sent le soleil et la pluie parce qu'il passe son temps à se rouler par terre dans la cour de récré. Il emmerde tout le monde sans cesse et adore tirer les cheveux des filles et leur soulever la jupe. Généralement, sur les photos, il porte un pull Gaston Lagaff tricoté par sa mère qui l'adore. Il est souvent mauvais en classe, mais fait preuve d'un bel esprit d'initiative lorsqu'il s'agit de monter des équipes pour jouer à la balle au prisonnier (et foutre la balle dans la tête des filles super fort).
J'étais souvent secrètement amoureuse de lui et j'ai l'impression que tous mes amoureux par la suite étaient des ex- caïds de la cour de récré.
Sur la photo de classe, il y a toujours un intello
Il a toujours des lunettes énormes et semble fragile. Il regarde l'objectif d'un oeil morne... On sent qu'il s'ennuie. Généralement, il finit super bien mais ça on ne le sait que 22 ans après, lorsqu'il aura ouvert sa boîte de prod et sortira ses premiers longs métrages.
Pour l'instant, c'est le chouchou de la maîtresse et les autres garçons ne l'aiment pas. Dans 22 ans, ils viendront le requester sur Facebook pour lui demander du travail.
Sur la photo de classe, il y a toujours des copines
De vraies copines, si copines que ça se sent même sur la photo. Elles ricanent entre elles, créent des chorés sur Mélody à la récré (Chariot d'étoiiiiles) et elles ont un monde imaginaire. Lorsque tu essaies de rentrer dans leur paradis merveilleux, tu finis toujours avec un rôle de servante ou mari, ou pire, tu restes à la porte de leur merveilleux monde. Faut que tu te trouves ta propre copine.
Sur la photo de classe il y a toujours un fou
Contrairement au caïd, il n'est pas drôle. C'est le dernier de la classe et il a une mauvaise élocution... On raconte que son père est gitan, ou que ses parents l'ont abandonné et qu'il vit chez sa grand-mère. Il répond parfois un peu trop à la maîtresse, qui n'arrête pas de le punir. Que va-t-il devenir ? En tous cas, on a tous un peu peur de lui et on lui file toutes nos billes.
Sur la photo de classe, il y a toujours deux ou trois enfants bizarres
Ils n'ont pas l'air à leur place sur cette photo. Un peu timides, un peu en retrait, ils sourient d'un air coincé avant de retourner dans leur monde. Ils sont potes avec tous le monde mais n'appartiennent à aucun groupe (leur rêve est de faire partie d'une bande).
Premiers de la classe, ils sont mal fagottés. Souvent, ils sont responsables de la bibliothèque de la classe (ça sent le vécu là) ou responsable du journal de la classe (et ouais).
Souvent, ils ont l'impression d'être à part et se sentent looser malgré leurs bons résultats. Les filles bizarres sont amoureuses secrètement du caïd, et les garçons bizarres sont secrètement amoureux de la starlette de la classe. Ils ne verront jamais cet amour comblé, et passent beaucoup de temps à lire des Fantômettes (pour les filles) ou Club des Cinq (pour les garçons) dans leur coin. Plus tard, ils deviendront des winners (à partir du lycée) et se découvriront mutuellement. Ils seront aussi potes avec l'intello.
Moi j'étais Bizarre, mais en grandissant j'ai fait partie d'une bande de copines, et ensuite je suis sortie avec des caïds et des intellos (le must étant l'intello-caïd, très rare). Peut-être même qu'à la fac j'étais devenue une starlette. En tous cas, le monde de l'école est bien cruel pour les Intellos et les Bizarres. Si votre enfant est Bizarre (passion pour les jeux d' échecs, création d'un langage imaginaire, élevage de tortues) ne vous inquiétez pas, tout se passera bien par la suite !
Si vous étiez une starlette et que vous l'êtes restée, respect, big up (tu me prêtes ta jupe diiiis ?).
Si vous êtes un petit intello, vous allez un peu galérer avec les filles, mais tout ira bien à partir de 20 ans, ne vous inquiétez pas !
Si votre enfant est fou, quittez son gitan de père !
Et vous, vous étiez comment ?
Si cette étude vous a plu, je peux prévoir une analyse collège lycée, avec Doc Martens, Bombers, coiffure coque et tout le bazar. Ca vous dit ?
Nuchenuche, nostalgique
Un clip de caïds
Un clip de starlettes, spéciale dédicace pour une starlette qui se reconnaîtra (tu me prêtes ton pyyyyj ????)





22 commentaires:
0uiiiii, étude du collège !!
Déjà que celle de l'école primaire me fait rire mais avec des ados, ça ne peut être que meilleur et hilarant.
Le collège, le collège, le collège, le collège, le collège, le collège !! :-)
Ca taille un peu dans le vif mais on s'y retrouve bien(...)
On attend de savoir comment les bizarres evoluent au college!
ED
Oh mon Dieu ce shoot d'endorphine en te lisant. Pour avoir l'avoir si précisément décrite, tu as donc FORCEMENT connu Laura, la starlette de mon école primaire à moi. Et à un moment donné, son caïd est même devenu mon caïd... mais bon avant de redevenir le sien. J'étais quand même une bizarre, notamment parce que sponso Cyrillus, merci Maman... Alors avec les beaux garçons, je faisais pas illusion longtemps.
Qu'est-ce ce que j'en avais peur moi du fou fils de gitan...
Je suis passee de starlette en primaire a intello/bizarre au college, un choc!
Et comme c'est mon premier commentaire j'en profite pour te dire que j'aime beaucoup tes notes.
oh lala ! on devrait afficher des photos de nous de cette époque, histoire de bien rigoler un peu !
Moi j'étais bizarre parce que sponsorisée par jacadi et n'aimais pas les jeans comme toutes les autres filles de ma classe, non moi je préférais les robes, les jupes, tu vois quoi ! Trucs de filles et rose.
oui ça m'parle '
moi j'etais la meilleure copine de la starlette ' !!!
bien vu Nuche ' !!!!
Et j'attends impatiemment la version années collège'!!
... période où l'on dessinaient tous le Yin-et le yang sur nos cahiers !!
moi j'ai JAMAIS été l'intello en tout cas! Mais aujourd'hui encore je continue les chorés toute seule sur chariot d'étoiles. (ce clip est fou. ces ralentis me rendent folle)
La suite, la suite ! j'étais bizarre aussi, je passais mon été à la bibliothèque à découvrir la bibliothèque rouge et or (Puck ! et les Saint-Marcoux) et les Alice. J'étais très très farouche, j'avais peur des autres enfants, je préfèrais les adultes, voire les vieux (big hup aux femmes de ménage proches de la retraite à qui on pouvait faire des CÂLINS). Ca facilite pas les choses, ça faisait un peu bouffonnette de la maîtresse.
J'ai été captivé par ton billet... J'ai bien reconnu les personnages, la starlette c'était la fille de la maîtresse, pas de bol pour toutes les filles qui étaient dans sa classe. Je pense que j'étais dans le groupe Copines, je ne faisais pas de vague, moyenne à tous points de vue... on faisait bloc contre les garçons...
Salut,
je viens de tomber sur ton blog. JE me rends compte que mes années primaire sont les mêmes que pour toi! J'étais aussi dans les Bizarres. Mais pour en avoir connus, certains le sont restés!
Quant aux starlettes qui n'ont pas changé, elles sont coiffeuses, ou esthéticiennes...
Et au collège, ça changeait les catégories??
Je ne sais pas quoi dire.
J'ai 12 ans, je suis au collège et ça fait un moment que je lis ton blog' et j'aime beaucoup ce que tu écris.
C'est ma classe que tu décris.et moi je suis la fille bizarre. J'ai toujours un bouquin dans mon sac, Fantômette ou Dostoïevski.Je rêve.Oui, je suis copine avec tout le monde un peu...mais j'ai mes copines 'à moi' aussi.
Par contre,je ne suis pas amoureuse du caïd, mais d'un autre garçon,peut être un peu étrange aussi.
Je me demande pourquoi je t'ai écris tout ça.
ben...salut.
Nana
Ben, ça ne nous rajeunit pas tout ça!
Et le calimeiro de service avec sa coupe au bol, dans son coin, il est où?
merde, c'est possible d'être bizarre/caïd/intello en même temps :) ? parce que moi j'étais un peu la chef de meute en primaire, toujours à lancer des idées à la con comme explorer les caves de l'école à la bougie ou monter une opération humanitaire pour le fils de gitan (véridique!! on leur avait filé nos barbie et ils nous avaient même pas dit merci, les bonnes bouboules), mais j'étais aussi le nez dans mes fantômette (je les ai même ts rachetés vers 30 ans) et j'étais aussi la preum's de la classe et ah, merde, j'étais aussi la pote de la starlette, une fille forcément BLONDE, tu as oublié de le préciser, nuche ;).
Je découvre ton blog, c'est super !
L'analyse de l'école primaire est parfaite, moi je crois que j'étais un peu bizarre, avec un côté intello pas assumé du tout(preum's de la classe, mais j'essayais de le cacher), toujours amoureuse du cancre (ou caïd), mais souvent meilleure copine de la starlette aussi, pour essayer d'être aussi populaire qu'elle...
On attend la version collège et lycée !
C'est marrant y'a du vrai dans ton billet, mais je ne m'y retrouve pas, j'étais un garçon manqué. Pourtant j'avais un succès fou, deux garçons qui venaient me chercher en bas de chez moi tous les midis ou aprem. Bref j'étais plus un petit caïd. C'est dommage que les filles ne gardent pas le pouvoir dans les relations homme/femme après le lycée. C'est nul de grandir! Plllliiiize fais nous le même topo pour le lycée qu'on rigole!
yes bien vu !! j'attends la suite !
J'ai découvert ton blog hier soir, et je dois dire que tu m'a bien fais rire!!
ViveNuchenuche
Perrine
Nuche
vas vite voir mon blog '
Alors ??????
FashOnEarth : Tu as vu, je l'ai fait pour toi : The Collège ! Bise madame.
ED : Merci, t'étais quoi toi alors ? Bizarre ou populaire ?
Balibulle : Cyrillus... Je comprends mieux cette passion pour la fringue funky maintenant. Attends t'étais starlette aspirante non si tu lui as piqué son caïd ? Je m'incline.
Gaelle : Merci, et bienvenu. Ton témoignage est intéressant : au lycée es-tu redevenue une starlette ? Parcours atypique... Et le fils du gitan ?
Nanikaa : Tu devais être chou ! Moi je détestais les jupes mais ma mère me forçait à en mettre (mais pas des roses, des moches en jean).
Bidiiii : Je suis sûre que t'étais un peu starlette toi-même non ? Moi la starlette parfois elle disait aux autres fille de faire la tête à une des filles de la classe. Un jour ça été moi. Le plus long jour de ma vie, j'avais envie de mourir.
Sisi : Moi aussi il me rend folle, je l'ai regardé plusieurs fois et je me concentre pour être à la place de Mélo.
mzelle-fraise : Tout pareil. Les adultes tout ça. La chouchoute de la maîtresse qui veut pas être la chouchoute. Ah la la, pas facile d'être bizarre (moi c'était la Comtesse de Ségur, tous les Fantomette ettous les Souris Noire)
Anne Amours : C'est ce que je souhaiterai pour ma fille en primaire : qu'elle ait des copines pour pas se laisser emmerder par les garçons. Bien joué !
Lillie : Tiens, encore une bizarre, bienvenue ! Vive les Bizarres.
Nana : Fantomette ou Dostoïevski ? Quel éclectisme ! Continue d'être bizarre, de lire et de rêver, rien de tel pour bien s'en sortir dans la vie... A bientôt !
Hugo : C'est pas un peu l'intello ? Sinon je pense que c'est un bizarre aussi, tout simplement. Un Bizarre qui s'ignore.
Ava : Oui la starlette est blonde, ou asiatique, forcément. Ah la la, tout de suite, on sent la femme du partage avec le fils du tangi. Je pense que je t'aurais admirée si j'avais été dans ta classe, tu avais l'air bien insérée...
Diablita : La même, j'avais honte d'être intello... Bienvenue sur mon blog !
Cyann : Mais est-ce que tu faisais du judo ? Le pire moment de ma vie est quand mon père m'a inscrite au judo, alors que je voulais faire de la GRS... Le lycée arrive, patience...
Kitty241 : Merci de toujours me laisser un petit mot, la suite est en route !
Perrine : Sympa de me laisser un mot d'encouragement ! Tu reviens quand tu veux !
Bidilove : T'es trop sympa, merci chuis gênée... je te kiffe.
parfaite analyse nuche nuche, moi je m y reconnais grave (j avais presqaue oublié melody!!!)
je pleure de rire dans mon bureau!
signé:une ancienne cm2 en jogging orange sur la photo de classe...
Moi c'est pauline est j'étais une des leader en binôme des starlettes du collèges. Une bande de petite miss qui ont toutes pour point communs de n'être jamais parvenu au bac "pour les cerveaux" et d'avoir été engrossé le plus tôt possible. Je me suis échappé en fin de troisième, je fumais pas et j'avais de bonnes notes, devenu trop tebé, et vas-y trop has been, j'ai échoué avec les intellos et le gens bizarre. Heureusement car du collège se sont les seules qui m'ont suivi au lycée. Ma plus grosse honte quand le rigolo de ma classe à montrer un de mes tampons au reste de la classe. C'était trop la honte et en plus ben là vu, tu crois qui va m'en vouloir, enfin du coup ma côite de popularité a évolué et oui moi j'étais une femme une vraie, enfin avec une poitrine inexistante mais on demande pas tout au père noël.
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