Il y a un sujet connu de tous mais dont personne n'ose parler. Un sujet douloureux, comme une maladie sexuellement transmissible qu'on cacherait au reste du monde.
Vous connaissez le Sunday Blues ?
Si si, vous savez, c'est une brume qui prend possession de votre esprit dès le dimanche matin et qui vous achève le dimanche soir, devant Capital ou Bodyguard.
Parfois, il se déclare au beau milieu de la journée, sans prévenir, alors que vous n'y pensiez plus. C'est le blues du dimanche, la transition entre la journée la plus cool de la semaine et la journée la moins cool.
Pourquoi le Sunday Blues ?
Le dimanche est comme vous le savez le jour du seigneur. C'était autrefois la plus belle journée de la semaine : les enfants mettaient leurs habits du dimanche, et toute la famille allait à la messe se recueillir. Tout ça finissait par un déjeuner familial autour d'une poule au pot et d'un vacherin, dans un champs de pâquerettes.
Simplement, depuis quelques temps, les gens divorcent, les gens ont des enfants de plus en plus tard, ils les élèvent parfois seuls et ne croient plus en rien, ils ne vont plus à la messe et les pâquerettes dépérissent à cause du réchauffement planétaire. Le dimanche est le jour où l'on se permet des folies vestimentaires comme le jogging et les chaussettes en pilou-pilou, à la Britney.
Désormais, le dimanche est le jour le plus mort de la semaine. Un jour qui ramène les gens à leur solitude et à la dureté de la vie. Béni soit le seigneur.
Pourquoi pas le Sunday Blues ?
Il y a bien des dimanches qui n'amènent pas au Sunday Blues. Par exemple, les dimanches de vacances, qui sont semblables aux autres jours, ou les dimanches où on est vraiment heureux.
Comment éviter le Sunday Blues...
Il y a, bien sûr, des endroits à éviter pour prévenir le SB:
Les parcs en été quand on est célibataire ou divorcé
Parce que les gens se vautrent dans leur amour, parce que les couples promènent leurs enfants, parce que c'est dur de voir que tout le monde est heureux.
Le marché de Noël des Champs Elysées le dimanche 20 décembre
A t-on vraiment envie de patauger dans la boue, à se geler les miches parmi les touristes pour acheter des nappes provençales Made In China ?
Les grands magasins le dimanche 20 décembre
Alors là, c'est vraiment suicidaire...
Les repas de famille quand on n'a pas la forme
A t-on vraiment envie de rester quatre heures à table et de répondre à un interrogatoire ?
En général, je préconise :
- Les ballades au printemps du dimanche avec l'être aimé(e)
- Les cafés du dimanche entre amis quand il fait un peu froid dehors
- Les brunchs au Champagne le dimanche quand on peut se le permettre
- Les cinémas alone du dimanche, très bon pour le mental
- Les siestes crapuleuses du dimanche
- Les dimanches à la mer
- Le marché du dimanche
- La gym / le sport du dimanche
- Les promenades en forêt du dimanche
- Les dimanches en famille quand on est de bonne disposition
- Le moulage du dimanche (moulage = mouler devant des dvd)
- Le dimanche ailleurs (étranger, Marseille)
Bref, vous l'aurez compris, ne pas loser son dimanche, ça demande beaucoup de dextérité.
Un dimanche de lose finit en général devant Capital, à manger une pauvre soupe en brique parce qu'on a pas fait le marché du dimanche et qu'on s'est réveillé à 15 heures tellement on a bu la veille et qu'on n'a pas pu sortir tellement on a pas envie de croiser des gens.
Connaissez-vous le Sunday Blues ? Savez-vous le combattre ? Ensemble, nous pouvons y arriver.
"Bonjour, je m'appelle Nuchenuche, j'ai 30 ans, et parfois je ressens le Sunday Blues, j'avoue."
Merci de faire votre coming-out et de compléter la liste, donnons-nous la main, c'est ensemble que nous combattrons ce fléau occidental.
Nuchenuche, Sunday Blueseuse Occasionnelle et Anonyme.
mardi 22 décembre 2009
Nuchenuche lève un tabou : le Sunday Blues
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Libellés : Nuchenuche fait son intéressante, Nuchenuche galère
mercredi 16 décembre 2009
Nuchenuche à Marseille
Je passe pas mal de temps à Marseille, je ne sais pas pourquoi je suis irrépressiblement attirée par cette ville. Je vous ai déjà parlé de Marseille, ses kékés, ses bombasses, ses calanques. Le problème c'est que je ne comprends pas toujours tout...
Tata Marseille (Marseille, son port) : Donc le type, qui venait de larguer Jennif est carrément revenu frapper à sa porteu pour lui demander 10 euros pour le taxi.
Nuchenuche (Paris, ses porcs) : Quelle crevure.
Tata Marseille (Marseille, le rosé) : Non mais je te le dis moi, il n'a pas de figure !
Nuchenuche (Paris, le blanc ) : Tu veux dire qu'il est moche ? Il n'a pas les traits fins ??
Tata Marseille (Marseille, salade niçoise) : Mais non, pas de figure, pas de face quoi...
Nuchenuche (Paris, MacDo) : Ah il est brûlé ? Il n'a pas de visage ?
Tata Marseille (Marseille, Iam) : Mais non, Pitchouneu ! Il n'a pas de face.
Nuchenuche (Paris, NTM) : Ah "j'ai pas de face, j'ai pas de face"... Il est chié quoi !
Tata Marseille (Marseille, Akhenaton) : Oui, il n'a pas honteu quoi je te le dis !
Leçon n°1 :
Ne pas avoir de face ou de figure = Ne pas avoir honte de ses actions honteuses, faire n'imp.
Tony a frappé Lola et l'a demandée en mariage le lendemain, il n'a vraiment pas de figure..
Nuchenuche (Paris, le froid) : Oui c'est clair, y'a des mecs ils ont pas de visage.
Tata Marseille (Marseille, le chaud) : Ouais non, on dit "figure" ou "face", pas visage. Mais Ouiii, il y a des mecs c'est graveu. En plus lui c'est un cave grave !
Nuchenuche (Paris, l'austérité) : C'est un cainf ? Il vient d'où alors ? Tu m'avais dit Rital...
Tata Marseille (Marseille, la gaieté) : Mais non un CAVE ! Tu dis pas ça à Paris ? Un pauvreu typeu quoi, qui n'a rien pour lui.
Nuchenuche (Paris, le névrose) : OK c'est un Cave qui n'a pas de face. Et ben, il est pas aidé !
Leçon n°2 :
Un Cave = Un mec qui ne ressemble à rien, qui lose dans la life.
Un loser moche à Paris devient un Cave à Marseille.
Tata Marseille (Marseille, la mer) : Oui ce n'est pas comme son ex, lui c'était un Bloc, je te jure !
Nuchenuche (Paris, la Seine) : Ah il faisait de la muscu ?
Tata Marseille (Marseille le soleil) : Noooon un Bloc quoi, une bombasse !
Nuchenuche (Paris la Pluie) : Aaah, j'aime les blocs alors. Hugh Grant est donc un bloc.
Leçon n°3 :
Un bloc= Un mec bien et beau.
Antagoniste : Le cave.
Nuchenuche (Paris, gris) : Mais tu sais, quand on est attiré que par des caves, on oublie les blocs. Non ?
Tata Marseille (Marseille, jaune et bleu) : OK mais tu vois, celui-là, il est vraiment pas tranquilleuh, il sait pas où il a mal...
Nuchenuche (Paris, le stress) : Pourquoi il n'est pas tranquille, il stresse ? Et du coup il a mal quelque part, il est malade ?
Tata Marseille (Marseille, no stress) : Bééééééééé nooooooon, il sait pas où il a mal : il ne sait pas ce qu'il veut, con, et il est pas tranquille, il est perturbé quoi !
Nuchenuche (Paris, les fashionistas) : Aaaaaaah ok c'est un taré, un malade, un ouf relou un psychopate quoi !
Leçon n°4 :
"Il n'est pas tranquille, il ne sait pas où il a mal" : Il fait chier, il est paumé, il sait pas ce qu'il veut, c'est un connard.
"Clara, je ne sais pas où j'ai mal" "Jonathan, tu as peut-être mal à la gorge, prends un cachet" "Non Clara, je suis pas tranquille, je préfère qu'on ne se voie plus. J'ai pas de face désolé" "Toute façon tu es un cave".
Nuchenuche (Paris, la foule) : C'est cool, il n'y a personne sur la plage, je suis trop contente.
Tata Marseille (Marseille, la foule mais cool) : Ouais, il y a dégun comme on dit ici, on va se régaler.
Nuchenuche (Paris, la dépense) : C'est qui Dégun ?
Tata Marseille (Marseille la dépense aussi) : Ahahah là j'avoue j'ai fait essprés, Dégun ça veut dire qu'il n'y a personne...
Nuchenuche (Paris, la débauche) : Y'a Degun, c'est tranquilleuh on va se régaler.
Leçon n°5 :
"Dégun" : Personne.
"Salut comment tu t'appelles ?" "Dégun, dégage" "Cagole va" "Cave"
J'ai aussi appris qu'une baston dans un bar c'est une "filade" et non une "enfilade" et que quelqu'un qui "a l'oeuf" n'est pas enceinte, mais a toujours un truc qui ne va pas.
Je suis prête à aller vivre à Marseille, et le premier Cave que je rencontre qui sait pas où il a mal et qui n'a pas de face avec moi, je lui fais une filade parce que je crains dégun.
Ouf.
Ne me remerciez pas pour ce nouveau vocabulaire que vous pouvez utiliser désormais dans votre vie quotidienne pour épater la galerie. Je compte faire un dictionnaire de traduction bientôt dans les bacs.
Et vous, c'est quoi vos expressions ?
Nuchenuche, reporter de l'extrême
Je suis bien sûr tentée de mettre ça :
Mais je suis une parisienne autocentrée (Yes Adam I wanna be your wife) :
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Libellés : Nuchenuche culture, Nuchenuche family
vendredi 4 décembre 2009
Nuchenuche a découvert une nouvelle maladie
Les filles ce n'est pas que des fleurs dans les cheveux et de la douceur maternelle. Entendu et noté par mes oreilles perfides. Ne me demandez pas qui, ne me demandez pas où, ne me demandez pas comment.
Au restau, trois bons amis, un garçon et deux filles.
Garçon (se lève) : Je vais me repoudrer le nez, je reviens, pas de bêtises.
Fille 1 (secret girl) : Moi je peux te dire, comme nous nous le demandions tout à l'heure, que X en a une petite.
Fille 2 (???) : Une petite quoi... AH UNE PETITE ???? Mais comment tu peux savoir ?
Fille 1 (évidemment) : Bah je mate toujours.
Fille 2 (???) : Mais tu mates comment ? Tu l'as déjà vu NU ?
Fille 1 (oeil de lynx) : Mais non ça va pas. Puisque je te dis qu'il en a une très petite. Je regarde TOUJOURS l'entrejambe des mecs. C'est systématique chez moi... Pas toi ?
Fille 2 (innocence) : Bah non ! Mais tu veux dire que tu regardes comme ça, quand tu les vois ?
Fille 1 (oeil de perdix) : Bien sûr. Je peux te dire que j'ai développé une intelligence extraordinaire à ce propos. J'en ai déjà parlé à Machine, elle fait pareil, c'est naturel, depuis l'enfance, comme boire de l'eau...
Fille 2 (intéressée) : C'est pas vrai... Ok... Y, alors ?
Fille 1 (pâtes) : Une nouille, je peux te le dire.
Fille 2 (intéressée) : Et S ??
Fille 1 (yeux bioniques) : Un truc énorme. J'en suis sûre, je le vois.
Fille 2 (intéressée) : Nooooon... Et W ?
Fille 1 (cas difficile) : Je suis réservée, il met des baggy.
Fille 2 (intéressée) : Et L ?
Fille 1 (catégorique) : Bonne taille, mais mauvais coup.
Fille 2 (intéressée à mort) : Arrête ! Comment tu peux savoir ? Tu vois ça aussi avec tes yeux laser ?
Fille 1 (sûre d'elle) : Bah non, j'ai couché avec, il y a longtemps, tu te souviens pas ? Nous étions mutuellement des mauvais coups l'un pour l'autre, ça l'a pas fait.
Fille 2 (intéressée si fort) : QUOI ??? Mais... Ah oui, ça me revient... Je ne m'en souvenais plus ! Et G ?
Fille 1 (oeil de tigre) : Il met des slims, on ne peut pas vraiment savoir, c'est forcément moulant, donc trompeur.
Garçon (romantique) : Salut, je suis revenu, alors, vous parlez de quoi ?
Fille 2 (omnubilée) : Ah... Mais comment tu peux être si sûre de toi pour la nouille ?
Garçon (normal) : Cuisine ?
Fille 1 (fière) : Je ne me suis jamais trompée... Je pensais que toutes les filles faisaient ça mais je vois que non. Toute façon la taille ça veut rien dire. Mais le pire que j'ai jamais vu, c'est R.
Fille 2 (R ???) : R ??? Non mais tu rigoles ? T'es sûre ?
Fille 1 (forte) : Bien sûr. R ça dégouline, R c'est un PAQUET.
Garçon (...) : Ah.
Fille 2 (R???) : Mais je comprends pas, tu regardes donc toujours, comme ça, naturellement, je ne l'ai jamais fait. Moi je regarde le mec en général... Et sa tête... Et ses mains... Et j'écoute sa voix... Mais jamais, JAMAIS ça ne m'est venu à l'esprit.
Fille 1 (pfff) : Mais c'est naturel je te dis. Les mecs regardent bien les fesses des...
Un homme entre dans le restau.
Fille 1 (silence) : ...
Fille 2 (???) : ...
Garçon (!!!) : Elle l'a fait !!! Elle l'a fait, là, devant nous, discrètement, elle vient de le faire, elle a MATé !
Fille 1 (fière à bras) : Et ouais. Manteau trop long, pas de visibilité.
Fille 2 (...) : J'ai rien vu, c'est passé comme une lettre à la poste. Toute façon, depuis le temps que je te connais, je n'ai jamais remarqué.
Garçon (...) : Je suis embêté maintenant, j'ose plus me lever.
Excusez tant de vulgarité, mais est-ce que d'autres ont la MDMA (Maladie De Matage Abusé) ? Est-ce que vous connaissez des gens atteints de la MDMA ? Si vous êtes un homme, vous étiez au courant ?
Et vous, vous regardez quoi en premier ? Vous pouvez répondre en anonyme, on est tous anonymes sur ce coup.
Nuchenuche, qui n'est pas fille 1 (même sous la torture je ne la dénoncerai pas)
La prochaine fois, nous parlerons littérature, désolée.
Fille 1, voici une petite vidéo pour exercer ton oeil (peu de visibilité, désolée) :
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Libellés : Nuchenuche et les garçons, Nuchenuche fait son intéressante
mardi 1 décembre 2009
Nuchenuche et la dernière séance
Et bien, il peut s'en passer des choses en deux mois. Les gens qui ont croisé ma route doivent trembler en se demandant ce que je vais bien pouvoir raconter sur eux...Ah ! Le pouvoir de la LDP (Langue de Putasse). Pour les faire languir, nous allons parler d'un sujet très important à mes yeux et absolument pas putassier : le cinéma.
Je suis une nazie du cinéma.
J'en tire quelques analyses sociologiques fort intéressantes pour le gouvernement.
Le cinéma est une chose intime.
Pour moi, aller au cinéma avec quelqu'un, c'est comme se réveiller avec : c'est intime. Il m'est impossible d'envisager une séance de cinéma comme un bon restau ou une soirée DVD. C'est bien pire...
Imaginez, vous vous retrouvez quand même dans le noir, sans parler, à vivre une aventure sensorielle. C'est une expérience unique et forte en sensations.
J'ai mes partenaires de cinéma attitrées : environ quatre copines qui se reconnaîtront.
J'accepte d'aller au cinéma avec certaines personnes occasionnellement, tout en faisant attention au choix du film et à l'appréhension que j'en ai.
De toute façon, c'est bien rare que quelqu'un de non-intime vous propose une séance de ciné non ? Je me souviens de chaque film que je suis allée voir et de la personne avec qui j'étais.
Les larmes aux yeux après This is It avec Miss88 et Sisi, la chiale absolue avec Bouclette de Romanzo Criminale, l'angoisse des Noces Rebelles avec ma copine Honeysweetie et la légèreté de retrouver le même réalisateur pour Away we go... Bref, la chiale, c'est pas permis avec tout le monde.
Le cinéma c'est comme l'amour.
Faut pas être trop nombreux... Au dessus de trois, ça commence à être compliqué à gérer. Ca part dans tous les sens, ça bride la concentration.
Attention : je recommande le cinéma-partouze à partir du moment où le film s'y prête (genre aller voir Sex and the City sous la forme d'une meute de fille).
Les bandes-annonces, c'est mieux que les préliminaires.
Alors là, je suis une obsédée des pubs et des bandes-annonces au ciné. J'ai BESOIN de les regarder, même dix fois (j'ai la carte illimitée, vous comprendrez que je les vois vraiment dix fois).
Je ne poursuivrai pas plus loin la métaphore mais je glousse TOUJOURS au même moment, je dis toujours "c'est nul" après les mêmes pubs, et après chaque bande-annonce un peu chiante, très française, très prise de tête je soupire profondément et je dis "j'irai". (Attention : tout ça si bien sûr je suis avec quelqu'un).
Les films chiants, c'est comme des rendez-vous pourris.
Parfois, on se laisse attirer par une bande-annonce séduisante, puis une fois qu'on y est, on n'accroche pas. Rien ne va : on s'est trompé. Les dialogues, l'histoire, le genre, ne nous parle pas. Ou pire : on étouffe.
Là, si le film était un rendez-vous, on devrait demander à une copine de nous appeler pour décréter une urgence, où on devrait prendre congé avec une excuse vaseuse "je suis désolée je suis barbouillée". Sauf que le cinéma n'est PAS un être humain.
On peut donc se barrer en plein milieu des Herbes Folles parce qu'on se fait CHIER comme un rat mort et qu'on ne supporte plus la diction de Dussolier. Et à la place, on va boire un verre de vin blanc, tranquille le chat. Ca c'est BON.
Parfois, il y a le point culminant.
La petite mort comme dirait ma grand-mère, le moment où l'on touche l'absolu. Le coeur bat fort, on est ému au plus haut point, parce qu'on a l'impression d'avoir atteint quelque chose : un genre de nirvana. Les tarés du ciné comprendront.
Et une fin.
Quand ça s'arrête, on est un peu chamboulé... On sort de la salle, et s'il fait jour dehors, on renaît. On a peur de demander à l'autre ce qu'il en a pensé "T'as bien aimé ?" et on nous-même, on ne sait pas encore... Il faut attendre un peu.
Un film, c'est comme une relation.
On en sort changé, un peu moins con, un peu plus fort. On sait ce qu'on veut, et ce qu'on ne veut pas (non, les films avec Dussolier, je ne peux plus). On y repense, on vit avec, on analyse (Sin Nombre m'a hanté quelques jours). On comprend parfois des choses quelques temps après, on a une clé.
Parfois, on ne comprend rien, on fait des recherches sur des forums, on ne comprend toujours pas (Caché de Haneke, jamais compris).
Parfois, il n'y a rien à comprendre, tout simplement...
Souvent, après une séance, je ne sais pas quoi penser, il faut que ça repose, comme la pâte à crêpes.
Apprendre à aller au cinéma seule avant d'y aller accompagnée.
Il faut apprendre à aller au cinéma seule, moi je me souviens de ma première fois. C'était pour aller voir les Poupées Russes, toutes mes copines l'avaient vu, et je crevais d'envie de le voir au cinéma.
J'ai pris mon courage à deux mains, je me souviens, c'était un dimanche et je m'ennuyais.
J'étais mal à l'aise d'être dans la file d'attente seule, mal à l'aise de m'asseoir seule sur mon siège. C'est là que j'ai remarqué que je n'étais pas la seule à être solitaire. Plein de spectateurs, que je ne regardais jamais lorsque j'étais accompagnée assistaient aussi à la séance alone in the world. Finalement, j'étais extrêmement concentrée puisque je n'avais que moi à gérer. J'ai adoré. Depuis je vais voir les films français prise de tête toute seule, parce que je sais que ça fait chier tout le monde, c'est un délice...
Que pensez-vous de cela ? Connaissez-vous des activités obsessionnelles similaires ? Tricot, lecture, VTT, cueillette, mécanique ? J'espère que ce premier texte ne vous décevra pas trop.
J'en profite pour féliciter Minisushi qui attend un heureux évènement ! Bravo !
Petite annonce : Si quelqu'un arrive à me trouver le film La Maman et la Putain, je... l'invite au ciné !
Nuchenuche, cinéphile du dimanche.
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Nuchenuche
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