Aujourd'hui, je vais vous parler d'un des pires moments de vie que l'humain occidental puisse connaître, hormis les divorces et les déménagements... Préparez-vous à vivre un moment tragique, aujourd'hui nous parlons.... Des courses du lundi soir.
Qu'y a t-il de plus tragique et désespérant que le Monoprix le lundi soir à 19heures 30 ?
Pourquoi ce jour et ce créneau horaire ?
Parce que tous les gens normalement constitués ont tendance à procrastiner tout le week-end. Dès le vendredi soir, leur frigo est vide et ils ont le devoir de le remplir. Mais QUI, oui QUI aurait l'idée d'aller au supermarché le samedi ? Tout d'abord, les gens qui travaillent font, tant que faire se peut, la grasse mâtinée le samedi matin. Ils ont passé la semaine dans des transports en commun et des ascenseurs surchargés et n'ont pas envie de se retrouver compressés au rayon surgelés de Monop ou Leader Price. Le dimanche, ils ont des choses beaucoup plus intéressantes à faire que d'aller au Cocci : la messe, les balades en forêt, les expos tout ça. C'est le jour de la non-consommation...
Mais le lundi...l'homme redevient un mouton parmi les moutons, un employé parmi les patrons, une mère de famille parmi une famille. Il faut remplir le frigo, cela devient un impératif.
Tant qu'à faire, après une journée de merde au travail - car le lundi est toujours poussif - autant y aller à fond et faire un saut par le Monop, comme tous les abrutis.
Pourquoi se dit-on qu'on ne le refera jamais ?
A peine passée la porte, on est pris dans la folie de la "radio Monop", des hurlements humains, des bips des caisses... Tout de suite, on se dit "Mais quelle cooona***, quelle idée ? Plus JAMAIS le lundi soir les courses, regarde-moi ces con***** qui courent partout..."
Ce qu'on ne sait pas c'est que chacun de ces con***** se dit la même chose...
Tout le monde sait que c'est mal de faire ses courses le lundi soir, mais tel l'homme préhistorique qui sortait en pleine nuit chasser le mammouth, l'homme a besoin de tsatsiki et de steaks hachés pour la semaine.
Pourquoi ne sait-on jamais quoi prendre ?
Parce qu'on se fait bousculer toutes les minutes, parce qu'on est fatigué de cette première journée de travail, parce que la semaine ne fait que commencer, parce que c'est lundi, et qu'au lieu de se détendre sur le canap ou à la gym, on est en milieu hostile et qu'on ne peut empêcher de se répéter "Mais qu'est-ce que je fous là ? Quelle mauvaise idée... Mais qu'est-ce que je prends ? Mais je vais faire quoi cette semaine ? Ah finalement je mange chez moi que ce soir... Je devrais peut être me casser et prendre une pizz sur la route... Non non je dois manger des fruits et légumes, ça suffit les pizz... Bon qu'est-ce que je prends ? Je vais où ?"
Pourquoi choisit-on toujours la mauvaise caisse ?
Parce qu'on croit toujours que la file d'attente est moins longue mais c'est tout simplement parce que la caisse est plus éloignée. Une fois qu'on s'en est rendu compte, il est trop tard.
Finalement, une femme se ramène la bouche en coeur et vous explique qu'elle est enceinte en vous montrant un panneau, que bien sûr vous n'aviez pas vu "Caisse prioritaire femmes enceintes et personnes handicapées". Bien sûr.
Puis évidemment, la caissière n'a pas l'habitude, c'est son premier jour... Elle n'arrête pas de demander à sa collègue "C'est quoi le code des poireaux Martine ??" - j'ai été caissière je sais que c'est dur.
Pendant ce temps, vos bras fatiguent, parce que vous avez eu la magnifique idée de ne pas prendre de panier en plastique pour deux-trois choses. Forcément, vous en avez beaucoup plus que deux-trois des choses...
Pourquoi y a t-il toujours un petit couple devant ?
Un petit couple trop mignon... Ils n'arrêtent pas de se faire des bisous même s'ils sont fatigués. La file d'attente est très compacte et vous êtes forcément collé(e) à eux, sauf que vous êtes seul(e), soit parce que vous êtes célibataire depuis peu, soit parce que votre conjoint(e) n'a pas le temps de vous aider pour les courses.
"Chéri peux-tu aller chercher de la crème fraîche steuplaîîît ? J'ai oublié..."
Le mec part en courant, tel un preux chevalier. Il sait que le temps est compté et revient tout fier (tel Passepartout avec les clés). La fille observe sa récolte "Mais non chériiii ça c'est du Mascarpone ! Ca ne va pas marcher..."
Lui (ne veut pas retourner en enfer) : "Si c'est pareil je te jure, il suffit juste de le faire monter..."
Elle (sait qu'il raconte n'imp) : De le faire monter ? Le Mascarpone ? T'es fou vas chercher de la crème fraîche, et grouuuille, il reste environ deux minutes !"
Evidemment, ils ont oublié de peser les poires... "Chériii tu vas peser les poires en courant ?"
Au final, vous avez envie de les flinguer, même si vous avez vous aussi été une fois ce petit couple parfait qui achète plein de fruits et de légumes et qui étale son bonheur.
Pourquoi y a-t-il toujours des célibataires le lundi soir ?
Tout simplement parce qu'ils n'ont rien de mieux à faire après la pire journée de la semaine. Ils décident de sécher le sport et d'aller se payer des soupes bio (ils n'ont que ça à faire de leur argent) pour se détoxer après avoir passer le week-end à sortir.
Les plus aguerris ont leur Ipod sur les oreilles pour ne pas supporter la Monop Radio.
Pourquoi vit-on la sortie comme une délivrance ?
Parce qu'on sait qu'on a certainement vécu le moment le plus douloureux de la journée, et que celui-ci est derrière nous. Le frigo est plein, l'argent dépensé et ce soir il y a de la télé-réalité. Tout va bien...
Etes-vous d'accord ? Connaissez-vous les courses du lundi soir ? Validez-vous le fait que nous pensons tous la même chose ? Pourquoi se dit-on toujours "j'arrête les CLLS (Courses le lundi soir) mais ne peut-on pas s'empêcher de replonger ?
Je propose une grève des courses le lundi soir.
A la place jardinons, buvons des thés à la menthe, lisons, parlons-nous.
Ce serait un genre de mini-dimanche du monde moderne occidental.
Nuchenuche, lost in the supermarket.
mardi 26 janvier 2010
Nuchenuche endure le supermarché du lundi soir
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Libellés : Nuchenuche galère, Nuchenuche lifestyle
samedi 16 janvier 2010
Nuchenuche dénonce la supercherie de l'adulte
Lorsque j'étais petite, je pensais qu'en grandissant, on devenait plus sérieux. En voyant mes parents, je les prenais pour des gens adultes, même si parfois, je grillais leurs petites manigances d'adultes. Maintenant, j'ai à peu près leur âge de l'époque, à cinq ans près. Je me rends compte que tout cela est une supercherie et je décide de la dénoncer aujourd'hui...
Les adultes JOUENT aux adultes.
Cette supercherie est d'ordre planétaire.
Les adultes jouent aux responsables.
Moi-même, tous les jours que Dieu fait, je vais travailler dans une entreprise avec d'autres adultes. J'ai des responsabilités d'adulte, on me fait confiance. Parfois, je vais en réunion chez le client, avec des consultants. Ce jour là, je m'attache les cheveux et je mets un pantalon noir...
Souvent, je me dis que tout ça est une blague et que nous faisons tous semblant d'être concernés par des problématiques d'entreprise. J'imagine que mes interlocuteurs vont parfois dans des bars, qu'ils dansent sur des tubes des années 80, qu'ils font des "pogos" à des concerts punk, qu'ils sont amoureux, que cette réunion les soûle, tout comme moi.
Lorsque les "slides" du "powerpoint" sur l'efficacité énergétique défilent sur le tableau, ne pensons-nous pas tous à nos prochaines vacances en Corse, aux cadeaux de Noël, ou à pourquoi notre conjoint(e) faisait la gueule hier soir ?
Bien sûr, nous faisons notre travail proprement et correctement, nous remplissons des missions avec bravoure. Mais ne préférerait-on pas tous faire de la batterie, lire, marcher en forêt, jouer à des jeux vidéos, écrire ou faire l'amour toute la journée (selon les goûts) ?
Les adultes jouent aux parents.
Je n'ai pas encore l'honneur d'avoir enfanté, mais je me souviens petite, lorsque ma mère recevait ses amies pour le café, et que je sentais que les voix baissaient à mon approche. De quoi pouvaient-elles bien parler ?
Maintenant je sais, puisque je fais la même chose avec mes amies qui ont des enfants...
Hormis les sujets philosophiques dont les filles s'abreuvent sans cesse (et ça les hommes ne le savent pas), elles parlent tout simplement de la mine qu'elles se sont mises au Nouvel An, d'achats inconsidérables qu'elles ont fait avec l'argent du ménage et elles ragotent comme des malades sur leurs histoires et celles des autres. Ca ne les empêche pas de jouer aux cubes après avec l'enfant.
Les jeunes pères, eux, promènent l'enfant en écharpe et font semblant d'être aimables, mais en fait ils n'en peuvent plus des vieilles qui viennent faire risette à leur bébé. Parfois, ils aimeraient bien s'arrêter boire un Pastis, mais avec le bébé en écharpe, ça le fait moyen.
Les adultes jouent à des jeux d'adultes.
Par exemple, ils achètent des appartements... On croit que tout va bien, mais en sortant de chez le notaire, l'adulte a envie de vomir tellement c'est un acte d'adulte.
Finalement, on se rend compte avec une amie qu'avant, on partageait le même prof, et que maintenant on partage le même notaire.
Les adultes se marient aussi. Lorsqu'on est petit, on croit que c'est un acte normal, mais on ne doute pas qu'avant le mariage il y a "l'enterrement de vie de jeune fille / garçon", où se passent les choses les plus adolescentes possibles : l'adulte est déguisé par ses amis adultes, et il doit faire des choses stupides, du poll dancing ou du roller sur une place en embrassant 20 filles par tour. On ne sait pas non plus que les mariées stressent grave avant de passer à l'église et qu'elles sont susceptibles de fumer des joints.
Les adultes font semblant d'être forts.
En fait, les adultes sont aussi sensibles qu'à leurs 17 ans, mais l'expérience fait qu'ils gérent mieux.
Ils tombent amoureux comme des ados, ils souffrent lors des ruptures. Ils ont des blessures d'enfance, des problèmes de familles, des choses qu'ils n'arrivent pas à régler.
Parfois les adultes en bavent et sont tristes, parfois ils pleurent comme des enfants.
Les adultes font semblant d'être indépendants.
Souvenez-vous, lorsque vous aviez un clan de copine à 12 ans, et que vous passiez votre temps le soir au téléphone (les portables n'existaient pas encore en 92) et que votre mère menaçait de couper la ligne ("Tu raccroches ou je coupe ce téléphone ??? Tu vois Marjo toute la journée, quel besoin as-tu de lui reparler le soir bordel ???")
Finalement QUI passait le plus de temps au téléphone ? Votre mère, en perfecto, avec Brigitte sa copine en legging léopard, avec qui elle venait de passer toute la journée. Comme c'était elle la chef, vous ne pouviez rien dire.
Aujourd'hui, je suis plus que jamais dépendante de mes copines. Logique : une fois qu'on s'est rendu compte que l'amour était une valeur fluctuante dans la vie, mais que l'amitié, elle, restait constante, on redevient des copines de collège, même à 30 ans.
Les adultes font semblant d'être intelligents.
Pour répondre aux questions poussées des enfants sur le soleil, l'univers, les coccinelles, les cellules, les dinosaures et la reproduction, vous croyez que tout le monde est calé ? Bien sûr que non, les adultes MENTENT tout simplement, ou checkent sur Wikipédia avec leur Iphone en vitesse. Non, les adultes ne savent pas tout, ceci est un leurre.
Les adultes ont des rêves d'adolescents.
Ils rêvent d'amour et de motos, de vacances en Australie et de groupes de rock, d'avoir une bonne note au travail, de partir faire de l'humanitaire et se demandent parfois quel est le sens de leur vie. Ils boivent trop de Champagne le samedi soir (qui remplace le Malibu adolescent) et finissent par danser sur un bon vieux Joe le Taxi en se prenant dans les bras entre potes (réminiscence de leurs dix ans).
Etes-vous d'accord avec cette dénonciation ? Vous sentez-vous adulte ? Quel est votre âge d'âme (moi 7 ans je pense) ? Vous souvenez-vous de votre vision de l'adulte lorsque vous étiez petits ? Vous pensez que ce sera pareil tout le temps ?
Merci de votre soutien,
Nuchenuche, qui joue à la fille de 30 ans.
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Libellés : Nuchenuche fait son intéressante
mercredi 6 janvier 2010
Nuchenuche frime en chapka authentique
Comme il neige, je délaisse mon poney à moteur, je prends le métro et je marche. Et comme je suis dans ma période Russe (Anna Karénine + neige + vodka), je n'ai rien trouvé de mieux à faire que de m'acheter une chapka.
Une vraie chapka made in Finland, avec de la vraie fourrure qu'une princesse russe a sûrement porté pendant les années 70 (c'est une évidence).
Depuis que je la porte, j'ai constaté que les gens me respectent un maximum.
C'est ce qu'on appelle un "Couvre-chef", un signe hiérarchique de supériorité.
En effet, qui couvre sa tête, à part les rois d'une couronne, les nobles d'une perruque, les bourgeois d'un chapeau haut-de-forme ?
Depuis que je porte ce délice de douceur sur la tête, j'ai remarqué que nous nous reconnaissons entre nous, nous les chapeautés. Pire encore : nous les chapkas, nous nous observons sérieusement. Est-ce de la vraie fourrure ? Est-ce du vintage ? Est-ce bien porté ? Les rabats sont-ils attachés ou pendent-ils ? Nous nous comprenons sans parler, c'est le langage de la chapka.
Mais surtout, j'ai pu noter que les gens ont les chapeaux qui leur ressemblent.
1. La chapka, frime et pouffitude.
Ca m'embête mais j'ai noté que les gens qui portent des chapkas sont en général des modasses ou des dandys frimeurs. Ils se croient supérieurs aux bonnets alors qu'ils ne font que suivre une mode stupide.
Le pire, c'est sans doute les chapkas en peau d'ourson en peluche.
Non, le pire, c'est les chapkas "vintage", en vraie fourrure, achetées dans une friperie.
2. Le bonnet, simplicité et gentillesse.
Le bonnet : un classique, un intemporel, efficace. Contrairement aux porteurs de chapka, les porteurs de bonnets ne se la pétent pas spécialement. Ils sont plutôt intelligents : ils ne se font pas remarquer pour rien, et ils n'ont pas froid à la tête.
De plus, notons le côté pratique du bonnet, qui se glisse dans une poche ou un sac, contrairement à la chapka, qui prend autant de place qu'un chiot.
Le mec qui porte un bonnet marque des points.
La fille qui porte un bonnet simple assorti à des mitaines a tout compris.
3. Le bonnet péruvien, amour de la nature ou folle jeunesse.
Il fut un temps, il y a quatre ans je pense, où le bonnet péruvien était revenu à la mode chez les jeunes mecs. Notons aujourd'hui que certains le portent toujours.
Par conséquent, ce sont des jeunes qui aiment qu'on les remarque, ou des gens qui aiment sincèrement la nature, avec un petit côté folk. Des gens qui sont vraiment partis en voyage en Amérique du Sud et qui en ont rapporté ce doux souvenir en peau de lama.
4. Le béret-casquette, authenticité et chic.
Ceux qui osent porter un béret-casquette (j'entends le béret non-mou, le béret de mec plutôt) aiment bien jouer avec les codes de leur grand-père, et c'est assez sympa. En général, ils exposent leurs toiles dans une galerie du Marais, se promènent avec un Reflex, où jouent de la trompette.
Ils sont élégants mais font comme s'ils ne l'avaient pas fait exprès. Pourtant, il a bien fallu un jour le sélectionner ce béret-casquette, avant de le porter ... Coquetterie.
5. La casquette, branchitude ou coolitude.
La casquette est le pendant estival du bonnet : elle peut être portée pour simplement protéger du soleil. Mais lorsqu'elle est portée en hiver, elle peut se la péter, surtout si c'est une New Era. Malgré tout, mon grand-père porte une casquette (mais pas une NE), et j'ai de l'affection pour ce couvre-chef.
Attention, si la casquette est portée en soirée en plein hiver, c'est équivalent à porter des lunettes de soleil en boîte de nuit.
6. Le cache-oreilles, régression et kawaï-style.
Souvenez-vous, vous aviez 6 ans et votre mère avait craqué, en acceptant de vous en acheter des Hello Kitty au marché... Aujourd'hui, certaines osent le cache-oreilles ; les mêmes peuvent porter des petites bottes en fourrure avec des pompons ou des Uggs. Elles sont douillettes et mignonnes.
Attention, be careful : au dessus de 27 ans, je décommande le port du cache-oreilles, sauf si vous êtes styliste ou vendeuse chez Colette.
7. Le chapeau en feutre : maturité ou baby-rockerie.
Les porteurs de chapeau en feutre sont des profs de philo, des femmes de 50 ans qui trouvent ça cool, où des gens qui portent des blousons en cuir et des jeans slim. Toutefois, je condamne cet accessoire en hiver, car il ne tient pas chaud à la tête, et il n'est pas pratique. Passez donc à la chapka.
Etes-vous d'accord avec cette étude ? Et vous, vous êtes quoi ? Ne vous inquiétez pas, beaucoup de gens ne portent pas de couvre-chef, ce n'est pas l'essentiel dans la vie (mais gants en cuir, laine, moufles en mouton ou mitaines en cachemire ???)
J'en profite pour vous souhaiter une bonne année, j'espère qu'elle sera meilleure que 2009. Personnellement j'aime déjà cette année.
Nuchenuche, pouffie-chapka.
(Merci de compléter cette étude si vous le pouvez !)
PS : Vous noterez l'absence du bonnet rasta parce que c'est interdit.
Un petit sons et lumières pour bien commencer 2010.
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Nuchenuche
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