lundi 23 janvier 2012

Nuchenuche découvre la joie des travaux

Bonjour, je suis de retour, et tout ce que j'ai à dire, c'est que j'ai plein de choses à dire...
Durant ma longue absence, j'ai découvert, entre autres, le monde merveilleux des travaux.

Non, je ne me suis pas transformée en Muriel Robin, et je vais essayer de ne pas vous refaire le sketch "La réunion de Chantier".

Je pourrais comparer les travaux à une épilation : avant on a peur, pendant ça fait mal, et on a l'impression que ça dure longtemps, mais on est tellement bien après, qu'on se demande comment on faisait avant.

Tout d'abord, les travaux, ce n'est pas à la portée de tous

Et lorsque je dis cela, je ne parle pas (que) d'argent. Pour envisager de faire faire des vrais travaux chez soi, il faut avoir un esprit pratique et conceptuel, pouvoir se représenter l'espace différemment, ne pas avoir peur de casser un mur, envisager qu'il puisse y avoir du vrai parquet de 1820 sous le carrelage des années 90, bref, se PROJETER sans problème.
Inutile de dire que ce n'est pas mon cas.
Malgrè les plans milimétrés, les mini-meubles en papier et les bonnes paroles des entrepreneurs, j'avais peur.

Oui, les travaux ça fait peur - à certaines personnes (dont moi)

Casser des murs, refaire de la tuyauterie, trouver des meubles qui s'inséreront pile dans l'endroit que l'on crée, cela peut effrayer.
Personnellement, cela faisait un an que je devais me mettre à envisager ces travaux, cela traînait parce que cela m'effrayait autant qu'une prise de sang.

Où l'on découvre que tout le monde connaît quelqu'un qui fait des travaux

Quand ils apprennent que vous allez faire des travaux, vos amis les mieux intentionnés vous conseillent un entrepreneur, un cousin, un ami de collègue, l'oncle d'un ami du voisin d'un entrepreneur qui a refait une cuisine.
Il faut faire comme sur un site de rencontre, il faut rencontrer plusieurs avant de conclure.
Oui, je crois intimement que chaque entrepreneur est la moitié de l'un d'entre nous. Le mien devait être rassurant, paternaliste et prendre les choses en main.
Celui qui aime diriger les travaux devra choisir un entrepreneur plus maléable. Le mien était super, hormis le fait qu'il était raciste - je ne l'ai découvert que plus tard.

Les travaux, c'est de bons dimanches chez Leroy Merlin

Ah ! Les dimanches chez Leroy Merlin, l'odeur du bois au rayon plan de travail, les différentes formes de lavabo, et les plus jolis robinets du monde qui coûtent une blinde, quel bonheur !
Découvrir qu'il fallait commander la mosaïque de la salle de bains au moins 4 mois à l'avance, hésiter entre deux ardoises pour le sol.
Rester des heures devant les couleurs de carrelages de cuisine, comme si notre vie en dépendait... Découvrir que le carrelage que l'on veut n'est plus dispo, et mourir.
Appuyer machinalement sur des interrupteurs qui ne sont pas reliés à une quelconque source d'électricité, se faire accoster par un entrepreneur au rayon cuisines, avoir faim, être épuisée...

Les travaux c'est la peur des premières semaines

Il y a un stade très déprimant, ou avant de construire, les ouvriers détruisent.
C'est comme ça, ça fait flipper.
Votre appart n'est que destruction, on se croirait à Rome.
C'est une phase où ça ne sert à rien d'aller voir ce qu'il se passe tous les jours, parce que chaque jour est plus déprimant que le précédent.

A un moment, ça bascule dans la construction

Là, c'est un moment succulent... On se rend compte que rien n'était droit avant, et que les ouvriers sont en train d'égaliser les murs, le sol, puis les murs à nouveau, puis le sol ("Faut poser une chappe de béton et laisser 3 jours sécher Mademoiselle") puis re le sol ("Faut faire une deuxième couche et laisser 3 jours sécher Mademoiselle").
Puis vient le moment exhultoire de la peinture, tout est blanc et pur, vous allez mieux.

Mais quand même, il faut avoir le temps

Parce que si l'entrepreneur est bon, il a plusieurs chantiers sur le feu, et il essaie de vous la faire à l'envers.
Il faut aller régulièrement boire des cafés avec lui le matin, pour vérifier qu'il est bien à l'heure, et lui demander son planning de la journée. C'est en général là que l'on découvre des choses sur lui. Pour ma part, il trouvait que dans le 18ème, il y avait trop d'étrangers - chose étrange lui-même étant d'origine libanaise.
Il s'est définit comme un (je cite) "Catholique raciste".
Je lui ai dit que je préfèrais ne pas savoir ce genre de détail.
Il m'a dit qu'il m'inviterait au restau libanais pour se faire pardonner, j'attends toujours.
Bref, c'est comme une histoire d'amour passionelle, les travaux, il faut beaucoup de coups de pression, énormément de chantage affectif ("Je vais devoir dormir sous les ponts si tu ne finis pas ces travauuux !!!").

Puis, un jour, ça se termine, généralement un mois en retard

Ce jour-là, c'est comme un accouchement, on se sent épuisée mais bien, tellement bien !
En revanche je recommande quelques jours de vie dans l'appartement avant de crier victoire...

Il y a souvent une chose qui ne va pas

C'est souvent absurde, comme une porte montée à l'envers, un robinet sans eau chaude, une fenêtre qu'on ne peut pas ouvrir.
C'est alors une énorme déception...
Il faut rappeler l'entrepreneur ( "Monsieur, la chasse d'eau ne marche pas...")
Il essaie de vous la faire à l'envers une utime fois ("Je vous ai pas dit, ahahah... Faut pas mettre de papier dans ces toilettes !")
Et là, c'est le coup de pression final ("Mais vous vous foutez de moi ? Vous savez à quoi ça sert des toilettes ? Vous voulez que je vous fasse un dessin ? Vous voulez venir demain enlever vous-même ?)... Puis tout finit bien, comme dans une histoire passionnelle...

Finalement, on se sent tout léger après, et notre compte en banque aussi, mais c'est pour notre bien...

Après des mois de lutte acharnée, l'appartement est magnifique, comme vous, tellement heureux /se que tout soit fini !

Oui, rénover son appartement, c'est comme une épilation, sauf que ça dure beaucoup plus que trois semaines !

Et vous, avez-vous déjà expérimenté les travaux ? Je sais que certains c'est un plaisir, ce que je ne comprendrai jamais, j'attends donc vos témoignages d'expérience amoureuse avec les chantiers.

(Vous constaterez que dans ce texte je n'aborde pas le paiement d'une certaine somme au black parce que c'est MAL de faire ça, même si ça fait économiser de l'argent à l'entrepreneur et qu'il vous fait une ristourne en contrepartie, c'est MAL.)

Nuchenuche, ravalée.

Un petit clip qui n'a rien à voir mais qui calme :


Et sinon on a ouvert un blog super avec Mikako, qui conte les histoires de Colette et ses copines ici